Chaque semaine, nous sommes sollicités pour accueillir des collégiens ou lycéens en stage au sein du cabinet. Lors de Forum des Métiers auxquels je participe, le stand « Avocats » est toujours pris d’assaut. La profession fascine, interroge, mais vous savez rarement ce qu’est la réalité de notre métier ni les études à poursuivre pour devenir avocat.
Je vous propose de découvrir notre profession dans cet article, puis les études supérieures à suivre lors d’une prochaine parution.
Profession : Avocat.
L’Avocat est celui qui est censé connaître les lois, et grâce à cela assister tout un chacun pour qu’il puisse faire valoir ses droits. Il l’informe, le conseille, et devant les tribunaux, porte sa parole.
En fonction de la matière privilégiée, l’Avocat aura plutôt une activité de conseil ou une activité plaidante.
L’Avocat exerce principalement en libéral. C’est-à-dire qu’il n’est ni salarié, ni fonctionnaire. Il n’a pas de patron, mais doit quand même rendre des comptes auprès de chacun de ses clients. Il lui appartient en effet – à partir du moment où il accepte de prendre en charge une affaire – de tout mettre en œuvre pour faire prospérer l’action de son client. L’avocat libéral assume seul ses charges (loyer, assurance maladie, cotisations retraite, allocations familiales, etc.). Lorsque nous percevons des honoraires (c’est ainsi qu’on appelle les sommes payées par nos clients pour rémunérer notre travail), 50 à 60% serviront à payer ces charges.
L’avocat libéral organise son temps de travail comme il le souhaite, l’unique impératif étant les dates d’audiences. Notre liberté est donc très grande, mais implique un minimum d’organisation pour que notre activité reste viable. Contrairement à ce que j’entends souvent : non, on ne travaille pas seulement quand on en a envie, sinon notre cabinet n’y survivrait pas ! Les congés payés n’existent pas chez les avocats libéraux. De fait, si l’avocat travaille, il facture ses prestations à ses clients et gagne de l’argent. S’il est en vacances, il ne travaille pas, ne facture pas, et par conséquent ne gagne rien.
Il faut savoir que chez les avocats, on distingue deux grandes familles : les privatistes et les publicistes.
Au sein de notre cabinet, j’exercice une activité principalement privatiste : je m’occupe du contentieux (des litiges, des différends) qui opposent les personnes privées. Par « privé » on entend les personnes physiques comme vous et moi, et les personnes morales de droit privé, comme les entreprises, sociétés commerciales, les sociétés civiles, et autres organismes. Mon intervention peut donc concerner un litige entre deux voisins, un client et sa banque, un héritier et un notaire, un couple qui se sépare, un locataire et son bailleur, un salarié et son patron, etc. La défense pénale relève du droit privé également.
Un avocat-publiciste traite des litiges qui opposent un usager (comme vous et moi) à une personne publique. Une personne publique peut être:
=> une administration: Mairie, Conseil régional, Préfecture…
=> un établissement public: établissement scolaire, établissement hospitalier, etc.
Ce type de contentieux peut concerner :
– le recours d’un étranger contre une décision de la Préfecture qui lui ordonne de quitter le territoire français;
– un patient du C.H.U. qui met en cause la responsabilité de l’hôpital après y avoir contracté une infection;
– un cycliste qui agit contre la Mairie de DIJON parce qu’il a eu un accident place de la Libération à cause du sol trop glissant;
– etc.
Privatistes et publicistes font les mêmes études de droit. Il y a juste un moment (souvent au niveau du Master) où on ne suit plus les mêmes enseignements. On passe le même examen pour entrer à l’école des avocats, et on est titulaires du même diplôme à la sortie. Le privatiste plaide devant le tribunal judiciaire et la cour d’appel. Le publiciste intervient devant le tribunal administratif et la cour administrative d’appel. Rien cependant ne nous empêche d’aller devant une juridiction que nous ne fréquentons pas habituellement. Je peux assister un client pour un litige avec son voisin au Judiciaire, et parallèlement saisir le Tribunal administratif pour un problème de permis de construire. Idem, un publiciste peut assister un patient victime d’une faute commise à l’hôpital devant le tribunal administratif, et s’occuper de son divorce devant le tribunal judiciaire. Les deux domaines ne sont pas « étanches ». Néanmoins, vu le rythme auquel sont menées les réformes et promulgués de nouveaux textes, il vaut mieux limiter son domaine d’intervention pour garantir à nos clients un niveau de compétence élevé.
Nous sommes tous avocats, nous portons tous la même robe, et prêtons tous le même serment: «Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité »


