La parenthèse du bavard #6 Contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants : comment se calcule-t-elle ?

La parenthèse du bavard

Contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants : comment se calcule-t-elle ?

On parle communément de « pension alimentaire ». Le terme est entré dans le langage courant, mais le Code Civil prévoit lui une contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants.

L’article 371-2 du Code dispose que : « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. » Cette obligation ne prend fin ni avec la majorité, ni avec la fin des études – elle se poursuit aussi longtemps que l’enfant n’est pas en mesure de subvenir à ses propres besoins.

L’article 373-2-2 du même code, en cas de séparation, transforme cette obligation en versement d’une contribution. Le débiteur est, selon les cas, le parent chez qui l’enfant ne réside pas habituellement, ou celui dont les ressources sont les plus élevées en cas de résidence alternée.

Le mode de calcul : le barème de la Chancellerie

Pour faciliter la fixation de la contribution, le Ministère de la Justice publie depuis 2010 une table de référence, actualisée chaque année.

Cette table fixe un montant indicatif fondé sur trois paramètres :

  • les ressources mensuelles du parent débiteur, après déduction d’un minimum vital correspondant au RSA ;
  • le nombre total d’enfants à charge du débiteur ;
  • le mode de résidence retenu : résidence principale chez l’autre parent, résidence alternée, ou droit de visite et d’hébergement réduit.

La logique est simple : à partir des revenus disponibles, on applique un pourcentage qui décroît avec le nombre d’enfants et qui varie selon le temps passé avec eux. Plus le parent voit ses enfants, plus la contribution baisse – l’idée étant qu’il assume directement, en nature, une partie de leur entretien quand ils sont chez lui.

Le simulateur en ligne : un outil utile, mais indicatif

Le ministère de la Justice met à disposition un simulateur en ligne, accessible librement à l’adresse :

https://www.service-public.gouv.fr/simulateur/calcul/pension-alimentaire

En quelques clics, il restitue un montant calculé à partir de la table.

C’est un outil que je recommande à mes clients en consultation, parce qu’il permet de poser un premier ordre de grandeur, et de sortir des approximations émotionnelles.

Il a aussi l’avantage de neutraliser certaines stratégies d’intimidation économique – quand l’un des parents tente d’imposer un montant en se servant de sa supériorité financière comme d’un argument d’autorité.

Mais il faut le manier avec prudence. Le résultat affiché par le simulateur n’est qu’une indication. Il ne lie ni le juge, ni les parties. Il ne capte pas la complexité réelle de nombreuses situations. Le juge aux affaires familiales reste souverain dans la fixation du montant et peut s’écarter de la table de référence – vers le haut ou vers le bas.

Ce que le barème ne prend pas en compte : les situations particulières

Le barème fonctionne assez bien pour des situations standards. Il est moins adaptée dès que l’on entre dans la réalité concrète de certaines familles. Plusieurs configurations méritent un examen au cas par cas :

  • un enfant porteur de handicap, dont les soins ou l’accompagnement génèrent des charges supplémentaires durables ;
  • une scolarité dans le privé, en internat, ou à l’étranger – surtout lorsque ce choix avait été partagé pendant la vie commune ;
  • des frais d’études supérieures qui se prolongent ;
  • une activité sportive ou artistique de haut niveau, des soins orthodontiques, des séjours linguistiques, des stages à l’étranger ;
  • un parent débiteur dont les revenus déclarés ne reflètent pas la réalité, et dont le patrimoine ou le train de vie révèle des ressources bien supérieures à ce que les bulletins de salaire ou les avis d’imposition laissent paraître ;
  • à l’inverse, un parent débiteur surendetté, ou dont les revenus ont brutalement chuté pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Dans ces hypothèses, mon travail consiste à reconstituer la réalité économique du foyer, à documenter les besoins effectifs des enfants, et à présenter au juge une demande chiffrée et argumentée – non un simple report du montant donné par le simulateur. C’est précisément là que se joue la valeur ajoutée d’un conseil en droit de la famille : dans la capacité à objectiver une situation que le barème, par construction, lisse et résume.

Quand la contribution prend une autre forme : la mise à disposition gratuite du logement

L’article 373-2-2 du Code civil ne se contente pas de prévoir le versement d’une contribution en argent. Il autorise expressément que cette contribution prenne d’autres formes :

  • une prise en charge directe de frais exposés au profit de l’enfant (mutuelle, scolarité, assurance, abonnements, activités, etc.) ;
  • l’attribution d’un avantage en nature, et notamment la mise à disposition gratuite d’un logement.

Cette dernière option est particulièrement utile lorsque le logement familial appartient en propre à l’un des parents, ou dépend d’un régime matrimonial encore non liquidé. Plutôt que de verser une somme mensuelle, le parent débiteur peut accepter de laisser à l’autre parent la jouissance gratuite du logement dans lequel les enfants ont leurs repères – leur école, leurs amis, leur quartier.

Cette mise à disposition doit être valorisée. Cela signifie qu’il faudra chiffrer la valeur locative du bien. La valeur de cette occupation gratuite va venir s’imputer sur le montant théorique de la contribution due.

Quand consulter ?

Avant la séparation, dès lors que l’on envisage sérieusement la rupture.

Pendant la procédure, à chaque étape où la situation économique de l’un ou de l’autre évolue.

Et après la décision, lorsque la vie change : perte d’emploi, naissance d’un nouvel enfant, départ en études supérieures, déménagement professionnel.

La contribution n’est jamais figée, elle peut être révisée à la hausse comme à la baisse, sur saisine du juge aux affaires familiales, dès qu’un élément nouveau apparaît.


Cet article est rédigé à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

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Foire aux questions

Lors que vous êtes confrontés à une difficulté, ayez le réflexe de consulter votre Avocat. Un bref échange pourra vous permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions ou des initiatives qui pourraient vous être préjudiciables.

Dans cette attente, voici quelques conseils.

 

Comment organiser la garde des enfants ?

La fin de la relation amoureuse ne met pas un terme à la relation parentale. Il convient donc  d’essayer de s’entendre sur l’organisation de la place de chacun des parents auprès des enfants: résidence, contribution alimentaire, charge des trajets, etc.

Attention cependant à ne pas accepter une situation qui nous vous conviendrait pas. Contrairement à ce que vous pourriez croire, une fois certaines pratiques mises en place, il sera difficile de les faire modifier par un Juge. En effet, pour prendre sa décision, le magistrat fera toujours primer « l’intérêt de l’enfant »: cet enfant ayant déjà été marqué par la séparation de ses parents, le Juge va essayer de minimiser les changements à son encontre. Aussi, il aura tendance à confirmer par jugement la pratique en cours.

Essayer donc – dès votre séparation – de mettre en place un mode d’organisation au plus proche de ce que vous souhaiteriez sur du long terme. Mon Cabinet est bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche.

Quelles démarches quand on quitte le domicile conjugal ?

Les conditions du départ du domicile familial ne seront pas les mêmes si couple est marié ou non.

Dans l’hypothèse du mariage, seul un Juge est censé pouvoir vous autoriser à résider séparément. Cependant, la situation devient parfois conflictuelle, et il peut être opportun d’anticiper ce départ. Trois précautions à prendre:

1°/ si votre époux(se) y consent, signez conjointement un document par lequel vous manifesterez votre volonté respective de vivre séparément dans l’attente d’une première décision de justice.

2°/ déposez une main-courante auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche pour signaler votre départ du domicile conjugal en raison d’une procédure de divorce en cours. Réclamez et gardez copie de ce document.

3°/ ne cessez surtout pas de contribuer aux charges du mariage: si un emprunt immobilier est en cours, continuez de participer à son règlement. Si votre conjoint n’a pas les capacités financières d’assumer les charges courantes du logement, ne résilier pas tous les abonnements, et continuez à honorer le paiement des factures et/ou du loyer.

Cet ensemble de précautions devraient permettre d’éviter que l’on vous reproche un abandon du domicile conjugal.

Si vous êtes concubins ou PACSés, vous pourrez partir sans « autorisation préalable », mais veillez à le faire de manière respectueuse et organisée. La jurisprudence sanctionne de plus en plus les « ruptures brutales » entre concubins.

Votre situation ne sera pas la même en cas d’achat d’un bien, de location aux deux noms ou un seul. Consultez le cabinet pour plus d’informations.

Quels documents conserver ?

Veillez toujours à mettre en lieu sûr ou à conserver une copie de vos documents administratifs: avis d’imposition, bulletins de paie, attestations CAF, relevés bancaires, contrats d’emprunts et échéanciers…

Comment préparer son premier rendez-vous ?

Le client est habituellement reçu au cabinet, mais des entretiens téléphoniques peuvent être organisés. Le premier rendez-vous est l’occasion pour vous d’exposer votre situation en détail. Le plus simple est souvent de fournir un récit chronologique des évènements. Vous pourrez être guidé dans vos explications par d’éventuelles questions.

Ces éléments vont permettre de qualifier juridiquement votre situation, et de vous présenter les diverses solutions existantes.  Afin de pouvoir vous conseiller au mieux, il pourra vous être demandé de vous présenter munis d’un certains nombre de pièces en copie:

  • pièce d’identité
  • livret de famille
  • dernier avis d’imposition
  • 3 derniers bulletins de paie
  • votre bulletin de paie de décembre de l’année précédente
  • liste de vos charges courantes
  • liste des charges relatives à vos enfants
  • échéanciers d’emprunts
  • etc.

A l’issue de cet entretien, un compte-rendu est habituellement adressé au client par courriel. Il est également possible de prévoir l’envoi d’une missive à la partie adverse ou à son conseil. Si une procédure doit être engagée, les honoraires seront estimés à l’issue de cet entretien.

La prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par courriel. Dans ce dernier cas, merci de préciser vos disponibilités afin que des propositions d’entretien puissent vous être adressées en retour.

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