Obtenir une résidence alternée

9/05/2019

Pour obtenir une résidence alternée, il faut la mettre en place dès la séparation des parents

Qui dit parents séparés, dit parfois père ou mère « séparé » de son enfant.

Les réformes législatives cherchent à confier à chacun des parents une place équitable auprès de son enfant en cas de séparation.

La résidence alternée a été l’une des solutions proposées. Le désaccord des parents sur le sujet était cependant devenu un obstacle trop récurent pour sa mise en place.

Pour contourner cette difficulté, le législateur permet désormais au Juge de mettre en place une résidence alternée à titre expérimental, et ce malgré le désaccord des parents.

Article 373-2-9 du Code Civil

« En application des deux articles précédents, la résidence de l’enfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un d’eux.
À la demande de l’un des parents ou en cas de désaccord entre eux sur le mode de résidence de l’enfant, le juge peut ordonner à titre provisoire une résidence en alternance dont il détermine la durée. Au terme de celle-ci, le juge statue définitivement sur la résidence de l’enfant en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un d’eux.
Lorsque la résidence de l’enfant est fixée au domicile de l’un des parents, le juge aux affaires familiales statue sur les modalités du droit de visite de l’autre parent. Ce droit de visite, lorsque l’intérêt de l’enfant le commande, peut, par décision spécialement motivée, être exercé dans un espace de rencontre désigné par le juge.
Lorsque l’intérêt de l’enfant le commande ou lorsque la remise directe de l’enfant à l’autre parent présente un danger pour l’un d’eux, le juge en organise les modalités pour qu’elle présente toutes les garanties nécessaires. Il peut prévoir qu’elle s’effectue dans un espace de rencontre qu’il désigne, ou avec l’assistance d’un tiers de confiance ou du représentant d’une personne morale qualifiée. »

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&idArticle=LEGIARTI000032207454

Il n’en demeure pas moins que pour éviter cette « expérimentation », rien ne vaut la mise en place effective de la résidence alternée dès la séparation des parents.

En effet, au moment où le Juge a à statuer sur la résidence des enfants, il a à l’esprit que ceux-ci souffrent déjà de la séparation de leurs parents, et qu’il faut qu’ils conservent au mieux leurs repères une fois son jugement rendu.

Dès lors, le Juge va observer ce que les parents ont mis en place depuis leur séparation, et va le plus souvent maintenir ce mode de résidence si celui-ci paraît répondre à l’intérêt des enfants.

Article 373-2-11 du Code Civil

« Lorsqu’il se prononce sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale, le juge prend notamment en considération :

  • La pratique que les parents avaient précédemment suivie ou les accords qu’ils avaient pu antérieurement conclure ;
  • 2° Les sentiments exprimés par l’enfant mineur dans les conditions prévues à l’article 388-1 ;
  • L’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l’autre ;
  • 4° Le résultat des expertises éventuellement effectuées, tenant compte notamment de l’âge de l’enfant ;

5° Les renseignements qui ont été recueillis dans les éventuelles enquêtes et contre-enquêtes sociales prévues à l’article 373-2-12 ;
6° Les pressions ou violences, à caractère physique ou psychologique, exercées par l’un des parents sur la personne de l’autre. »

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000022469784&cidTexte=LEGITEXT000006070721

Dans une Ordonnance de non-conciliation rendue en mars 2019 par le Juge aux Affaires Familiales de DIJON, celui-ci a eu à connaître d’une situation où la maman s’opposait à la résidence alternée demandée par son époux aux motifs qu’elle n’aurait pas été dans l’intérêts des enfants, et que le papa ne disposait pas d’horaires de travail compatibles avec l’accueil quotidien des enfants.

Malgré cette opposition maternelle, le Juge a fait droit à la demande de résidence alternée du papa en constatant que cette alternance avait d’ores et déjà été mise en place depuis la séparation du couple, et que le papa avait par ailleurs entrepris les démarches nécessaires pour aménager son temps de travail, et se rendre plus disponible pour ses enfants.

(cf. décision)

Quand un couple se sépare, il doit mettre en place le plus rapidement possible ce qui lui paraît être une solution durable pour les enfants. Ceux-ci sont les premiers touchés par la séparation de leurs parents, leur mode de vie sera entièrement bousculé. Il est donc primordial pour eux de disposer de nouveaux repères et de savoir qu’ils vont durer dans le temps, résidence alternée ou pas.

CONTACTEZ

LE CABINET

Foire aux questions

Lors que vous êtes confrontés à une difficulté, ayez le réflexe de consulter votre Avocat. Un bref échange pourra vous permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions ou des initiatives qui pourraient vous être préjudiciables.

Dans cette attente, voici quelques conseils.

 

Comment organiser la garde des enfants ?

La fin de la relation amoureuse ne met pas un terme à la relation parentale. Il convient donc  d’essayer de s’entendre sur l’organisation de la place de chacun des parents auprès des enfants: résidence, contribution alimentaire, charge des trajets, etc.

Attention cependant à ne pas accepter une situation qui nous vous conviendrait pas. Contrairement à ce que vous pourriez croire, une fois certaines pratiques mises en place, il sera difficile de les faire modifier par un Juge. En effet, pour prendre sa décision, le magistrat fera toujours primer « l’intérêt de l’enfant »: cet enfant ayant déjà été marqué par la séparation de ses parents, le Juge va essayer de minimiser les changements à son encontre. Aussi, il aura tendance à confirmer par jugement la pratique en cours.

Essayer donc – dès votre séparation – de mettre en place un mode d’organisation au plus proche de ce que vous souhaiteriez sur du long terme. Mon Cabinet est bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche.

Quelles démarches quand on quitte le domicile conjugal ?

Les conditions du départ du domicile familial ne seront pas les mêmes si couple est marié ou non.

Dans l’hypothèse du mariage, seul un Juge est censé pouvoir vous autoriser à résider séparément. Cependant, la situation devient parfois conflictuelle, et il peut être opportun d’anticiper ce départ. Trois précautions à prendre:

1°/ si votre époux(se) y consent, signez conjointement un document par lequel vous manifesterez votre volonté respective de vivre séparément dans l’attente d’une première décision de justice.

2°/ déposez une main-courante auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche pour signaler votre départ du domicile conjugal en raison d’une procédure de divorce en cours. Réclamez et gardez copie de ce document.

3°/ ne cessez surtout pas de contribuer aux charges du mariage: si un emprunt immobilier est en cours, continuez de participer à son règlement. Si votre conjoint n’a pas les capacités financières d’assumer les charges courantes du logement, ne résilier pas tous les abonnements, et continuez à honorer le paiement des factures et/ou du loyer.

Cet ensemble de précautions devraient permettre d’éviter que l’on vous reproche un abandon du domicile conjugal.

Si vous êtes concubins ou PACSés, vous pourrez partir sans « autorisation préalable », mais veillez à le faire de manière respectueuse et organisée. La jurisprudence sanctionne de plus en plus les « ruptures brutales » entre concubins.

Votre situation ne sera pas la même en cas d’achat d’un bien, de location aux deux noms ou un seul. Consultez le cabinet pour plus d’informations.

Quels documents conserver ?

Veillez toujours à mettre en lieu sûr ou à conserver une copie de vos documents administratifs: avis d’imposition, bulletins de paie, attestations CAF, relevés bancaires, contrats d’emprunts et échéanciers…

Comment préparer son premier rendez-vous ?

Le client est habituellement reçu au cabinet, mais des entretiens téléphoniques peuvent être organisés. Le premier rendez-vous est l’occasion pour vous d’exposer votre situation en détail. Le plus simple est souvent de fournir un récit chronologique des évènements. Vous pourrez être guidé dans vos explications par d’éventuelles questions.

Ces éléments vont permettre de qualifier juridiquement votre situation, et de vous présenter les diverses solutions existantes.  Afin de pouvoir vous conseiller au mieux, il pourra vous être demandé de vous présenter munis d’un certains nombre de pièces en copie:

  • pièce d’identité
  • livret de famille
  • dernier avis d’imposition
  • 3 derniers bulletins de paie
  • votre bulletin de paie de décembre de l’année précédente
  • liste de vos charges courantes
  • liste des charges relatives à vos enfants
  • échéanciers d’emprunts
  • etc.

A l’issue de cet entretien, un compte-rendu est habituellement adressé au client par courriel. Il est également possible de prévoir l’envoi d’une missive à la partie adverse ou à son conseil. Si une procédure doit être engagée, les honoraires seront estimés à l’issue de cet entretien.

La prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par courriel. Dans ce dernier cas, merci de préciser vos disponibilités afin que des propositions d’entretien puissent vous être adressées en retour.

Autres publications

La parenthèse du bavard #5 : PACS et décès

La parenthèse du bavard #5 : PACS et décès

Comment protéger son partenaire ? Vous êtes pacsés depuis des années. Vous avez construit quelque chose ensemble — un logement, une épargne, parfois une famille. Et pourtant, si l'un de vous disparaît demain, l'autre n'hérite de rien. Pas automatiquement, pas...

lire plus
La parenthèse du bavard #4 – PACS OU MARIAGE

La parenthèse du bavard #4 – PACS OU MARIAGE

Mariage ou PACS : ce que ça change vraiment quand on se sépare Mariage ou PACS — la question revient presque à chaque consultation. Souvent formulée en amont d'une union, parfois en plein milieu d'une séparation, lorsqu'il est trop tard pour choisir autrement. Ce que...

lire plus
La parenthèse du bavard #3 – Quelles études pour devenir avocat ?

La parenthèse du bavard #3 – Quelles études pour devenir avocat ?

Pour cette 3ème publication, nous allons aborder les études à suivre pour devenir avocat. 

Au vu des nombreuses sollicitations que nous recevons chaque semaine de collégiens ou lycéens souhaitant connaître la profession et effectuer un stage au sein du cabinet, j’ai eu à cœur de leur présenter notre profession dans un précédent article. 

Il s’agira ici d’aborder les études à suivre pour devenir Avocat.

lire plus