Le droit de visite médiatisé doit être limité dans le temps

3/07/2015

Soit parce que cela avait été ordonné préalablement par un Juge des Enfants dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative, soit parce que les relations entre un parent et un enfant sont trop compliquées, le Juge aux Affaires Familiales peut être amené à ordonner ce qui est communément appelé « visite médiatisée ».

Cette visite médiatisée implique que le parent et l’enfant se rencontrent dans un lieu neutre, qui est un espace de rencontre. A Dijon, LARPE est prévu à cet effet. La présence d’un tiers désigné par l’établissement est exigée.

Un récent arrêt de la Cour de Cassation est venu rappelé que les dispositions de l’article 1180-5 du Code de Procédure Civile impose au Juge aux Affaires Familiales de fixer la durée de cette mesure.

En effet, contrairement à la visite médiatisée ordonnée par le Juge pour Enfants qui, elle, vise à protéger l’enfant d’un danger, la visité médiatisée ordonnée par le Juge aux Affaires Familiales n’a pas cet impératif.

La mesure ordonnée par le Juge aux Affaires Familiales a pour objectif premier de favoriser le lien entre l’enfant et le parent chez qui il ne vit plus. C’est une sorte de « mise à l’épreuve » avant de lever toute restriction.

Car la visite médiatisée est bien une restriction aux droits auxquels peut prétendre un parent sur son enfant. C’est en cela, qu’une durée doit être spécifiée dans la décision rendue par le Juge aux Affaires Familiales.

Ainsi, au-delà de la fréquence, des horaires fixés pour ces visites, il faut veiller à ce que le Juge aux Affaires Familiales fixe une date butoir au-delà de laquelle un droit de visite et d’hébergement classique pourra être repris.

Lien utile :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000030174323

Eloïse FOURNIER

Avocat – Litiges familiaux

Voir aussi : La résidence des enfants

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Foire aux questions

Lors que vous êtes confrontés à une difficulté, ayez le réflexe de consulter votre Avocat. Un bref échange pourra vous permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions ou des initiatives qui pourraient vous être préjudiciables.

Dans cette attente, voici quelques conseils.

 

Comment organiser la garde des enfants ?

La fin de la relation amoureuse ne met pas un terme à la relation parentale. Il convient donc  d’essayer de s’entendre sur l’organisation de la place de chacun des parents auprès des enfants: résidence, contribution alimentaire, charge des trajets, etc.

Attention cependant à ne pas accepter une situation qui nous vous conviendrait pas. Contrairement à ce que vous pourriez croire, une fois certaines pratiques mises en place, il sera difficile de les faire modifier par un Juge. En effet, pour prendre sa décision, le magistrat fera toujours primer « l’intérêt de l’enfant »: cet enfant ayant déjà été marqué par la séparation de ses parents, le Juge va essayer de minimiser les changements à son encontre. Aussi, il aura tendance à confirmer par jugement la pratique en cours.

Essayer donc – dès votre séparation – de mettre en place un mode d’organisation au plus proche de ce que vous souhaiteriez sur du long terme. Mon Cabinet est bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche.

Quelles démarches quand on quitte le domicile conjugal ?

Les conditions du départ du domicile familial ne seront pas les mêmes si couple est marié ou non.

Dans l’hypothèse du mariage, seul un Juge est censé pouvoir vous autoriser à résider séparément. Cependant, la situation devient parfois conflictuelle, et il peut être opportun d’anticiper ce départ. Trois précautions à prendre:

1°/ si votre époux(se) y consent, signez conjointement un document par lequel vous manifesterez votre volonté respective de vivre séparément dans l’attente d’une première décision de justice.

2°/ déposez une main-courante auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche pour signaler votre départ du domicile conjugal en raison d’une procédure de divorce en cours. Réclamez et gardez copie de ce document.

3°/ ne cessez surtout pas de contribuer aux charges du mariage: si un emprunt immobilier est en cours, continuez de participer à son règlement. Si votre conjoint n’a pas les capacités financières d’assumer les charges courantes du logement, ne résilier pas tous les abonnements, et continuez à honorer le paiement des factures et/ou du loyer.

Cet ensemble de précautions devraient permettre d’éviter que l’on vous reproche un abandon du domicile conjugal.

Si vous êtes concubins ou PACSés, vous pourrez partir sans « autorisation préalable », mais veillez à le faire de manière respectueuse et organisée. La jurisprudence sanctionne de plus en plus les « ruptures brutales » entre concubins.

Votre situation ne sera pas la même en cas d’achat d’un bien, de location aux deux noms ou un seul. Consultez le cabinet pour plus d’informations.

Quels documents conserver ?

Veillez toujours à mettre en lieu sûr ou à conserver une copie de vos documents administratifs: avis d’imposition, bulletins de paie, attestations CAF, relevés bancaires, contrats d’emprunts et échéanciers…

Comment préparer son premier rendez-vous ?

Le client est habituellement reçu au cabinet, mais des entretiens téléphoniques peuvent être organisés. Le premier rendez-vous est l’occasion pour vous d’exposer votre situation en détail. Le plus simple est souvent de fournir un récit chronologique des évènements. Vous pourrez être guidé dans vos explications par d’éventuelles questions.

Ces éléments vont permettre de qualifier juridiquement votre situation, et de vous présenter les diverses solutions existantes.  Afin de pouvoir vous conseiller au mieux, il pourra vous être demandé de vous présenter munis d’un certains nombre de pièces en copie:

  • pièce d’identité
  • livret de famille
  • dernier avis d’imposition
  • 3 derniers bulletins de paie
  • votre bulletin de paie de décembre de l’année précédente
  • liste de vos charges courantes
  • liste des charges relatives à vos enfants
  • échéanciers d’emprunts
  • etc.

A l’issue de cet entretien, un compte-rendu est habituellement adressé au client par courriel. Il est également possible de prévoir l’envoi d’une missive à la partie adverse ou à son conseil. Si une procédure doit être engagée, les honoraires seront estimés à l’issue de cet entretien.

La prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par courriel. Dans ce dernier cas, merci de préciser vos disponibilités afin que des propositions d’entretien puissent vous être adressées en retour.

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