La prestation compensatoire ou «une recette à la louche»

19/05/2017

« Vous croyez que je vais devoir payer combien ? »

« Combien va-t-on me donner ? »

Dès que des époux envisagent le divorce, et prennent conscience qu’il existe une disparité de patrimoine et/ou de revenus entre eux, ce sont les premières interrogations formulées.

(Pour savoir ce qu’est la prestation compensatoire : http://www.avocat-dijon-fournier.fr/Prestation-compensatoire.html )

Quel sera le montant de la prestation compensatoire ?

« Ce sera souvent un montant important aux yeux de celui qui la verse, et une somme insuffisante pour celui qui la perçoit. »

Hormis cette réponse – un brin normande – l’époux qui s’engage dans une procédure de divorce souhaite savoir à quoi il doit s’en tenir.
À cet effet, ont été développées multitudes de méthodes de calcul, d’équation, et autres parmi lesquelles figurent celles de DEPONDT, MARTIN SAINT LEON ou encore Stéphane DAVID.
Les Magistrats toulousains ont même mis en ligne une interface permettant d’obtenir un montant de prestation compensatoire après avoir rempli quelques cases relatives à des dates et des montants.
Pour autant, il s’avère qu’à l’usage chaque situation est particulière et mérite que l’on prenne en compte chacun de ses détails pour déterminer le quantum le plus adapté.
Il va s’agir de celui qui permettra à l’époux débiteur d’honorer sa dette tout en pouvant continuer à vivre convenablement, et à l’époux créancier de bénéficier d’une somme qui diminuera l’impact de la séparation sur son train de vie, et son avenir financier.
Ces termes, un peu vagues, pourraient laisser craindre qu’au final Magistrats et Avocats usent d’une grande louche, y mettent un petit peu de tout, et en sortent comme par magie LE montant décidé.
Cela est à la fois vrai et faux.
La méthode de la louche existe. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de « tout et n’importe quoi ». Il s’agit d’y mettre ce que les dispositions des articles 270 et 271 du Code Civil prévoient, à savoir :
Article 270 du Code Civil
« Le divorce met fin au devoir de secours entre époux.
L’un des époux peut être tenu de verser à l’autre une prestation destinée à compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Cette prestation a un caractère forfaitaire. Elle prend la forme d’un capital dont le montant est fixé par le juge.
Toutefois, le juge peut refuser d’accorder une telle prestation si l’équité le commande, soit en considération des critères prévus à l’article 271, soit lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l’époux qui demande le bénéfice de cette prestation, au regard des circonstances particulières de la rupture. »

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle…

Article 271 du Code Civil

« La prestation compensatoire est fixée selon les besoins de l’époux à qui elle est versée et les ressources de l’autre en tenant compte de la situation au moment du divorce et de l’évolution de celle-ci dans un avenir prévisible.
A cet effet, le juge prend en considération notamment :
– la durée du mariage ;
– l’âge et l’état de santé des époux ;
– leur qualification et leur situation professionnelles ;
– les conséquences des choix professionnels faits par l’un des époux pendant la vie commune pour l’éducation des enfants et du temps qu’il faudra encore y consacrer ou pour favoriser la carrière de son conjoint au détriment de la sienne ;
– le patrimoine estimé ou prévisible des époux, tant en capital qu’en revenu, après la liquidation du régime matrimonial ;
– leurs droits existants et prévisibles ;
– leur situation respective en matière de pensions de retraite en ayant estimé, autant qu’il est possible, la diminution des droits à retraite qui aura pu être causée, pour l’époux créancier de la prestation compensatoire, par les circonstances visées au sixième alinéa. »

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do…

Vous remarquerez donc que si les méthodes de calcul précitées permettent de chiffrer la durée du mariage, l’âge des époux, leurs patrimoines et revenus respectifs, leurs droits à la retraite, qu’en est-il de leur état de santé ? de leurs choix professionnels durant la vie commune ? de la situation scolaire ou professionnelle de leurs enfants, voire même de la santé de ceux-ci ?

En bref, qu’en est-il de ce qui a fait la particularité de la vie de couple qui nous est soumise, et pour laquelle nous allons devoir déterminer le montant de prestation compensatoire à payer ou à demander ?

C’est là que les méthodes trouvent leurs limites. Elles peuvent apporter un aspect confortable pour le professionnel, car on dispose de chiffres sur lesquels s’appuyer. Mais à ce moment-là, pourquoi ne pas instaurer un petit questionnaire en ligne, le remplir et obtenir au final un reçu avec le montant de la prestation compensatoire. Il n’y aura plus qu’à passer en caisse !

Avis aux amateurs : belle piste de déjudiciarisation !

Mais là n’est pas notre rôle : le contentieux du divorce n’est pas un contentieux de masse. Ce qui vaut pour l’un ne va pas forcément valoir pour l’autre. Certes, l’expérience nous amène à constater des schémas récurrents, mais il nous appartient de veiller à faire ce pourquoi nous sommes mandatés : du sur-mesure.

Ce sur-mesure va impliquer la prise en compte de tous les éléments évoqués plus haut, voire plus si nécessaire.

Voilà en quoi la méthode de la louche existe vraiment.

Mais qui dit louche ne dit pas hasard, car e montant déterminé ne sera en rien lié au hasard. Chaque Chambre des Affaires Familiales a sa propre jurisprudence, et permet d’établir une moyenne des prestations compensatoires allouées en fonction des situations respectives des parties.

Ainsi, une fois notre demande remplie de tous les critères visés par les articles 270 et 271 du Code Civil, il va falloir rappeler aux magistrats quel instrument utiliser pour juger.

En effet, notre petite cuisine judiciaire regorge des accessoires les plus divers et variés. Et parce que l’on sait qu’il est facile d’utiliser une cuillère à café pour diminuer une prétention, ou une grosse marmite pour la rendre mirobolante, il va nous appartenir de rappeler de quelle louche use habituellement la juridiction saisie. Elle pourra être plus ou moins remplie, mais c’est bien cette louche-là qu’il faudra employer.

Faute d’être des marmitons judiciaires, cette recette recèle peut-être encore trop d’ingrédients mystérieux pour vous. Si vous ne devez en retenir qu’un seul point, gardez en mémoire que vous avez droit à du sur-mesure, et que mon Cabinet est là pour cela.

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Foire aux questions

Lors que vous êtes confrontés à une difficulté, ayez le réflexe de consulter votre Avocat. Un bref échange pourra vous permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions ou des initiatives qui pourraient vous être préjudiciables.

Dans cette attente, voici quelques conseils.

 

Comment organiser la garde des enfants ?

La fin de la relation amoureuse ne met pas un terme à la relation parentale. Il convient donc  d’essayer de s’entendre sur l’organisation de la place de chacun des parents auprès des enfants: résidence, contribution alimentaire, charge des trajets, etc.

Attention cependant à ne pas accepter une situation qui nous vous conviendrait pas. Contrairement à ce que vous pourriez croire, une fois certaines pratiques mises en place, il sera difficile de les faire modifier par un Juge. En effet, pour prendre sa décision, le magistrat fera toujours primer « l’intérêt de l’enfant »: cet enfant ayant déjà été marqué par la séparation de ses parents, le Juge va essayer de minimiser les changements à son encontre. Aussi, il aura tendance à confirmer par jugement la pratique en cours.

Essayer donc – dès votre séparation – de mettre en place un mode d’organisation au plus proche de ce que vous souhaiteriez sur du long terme. Mon Cabinet est bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche.

Quelles démarches quand on quitte le domicile conjugal ?

Les conditions du départ du domicile familial ne seront pas les mêmes si couple est marié ou non.

Dans l’hypothèse du mariage, seul un Juge est censé pouvoir vous autoriser à résider séparément. Cependant, la situation devient parfois conflictuelle, et il peut être opportun d’anticiper ce départ. Trois précautions à prendre:

1°/ si votre époux(se) y consent, signez conjointement un document par lequel vous manifesterez votre volonté respective de vivre séparément dans l’attente d’une première décision de justice.

2°/ déposez une main-courante auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche pour signaler votre départ du domicile conjugal en raison d’une procédure de divorce en cours. Réclamez et gardez copie de ce document.

3°/ ne cessez surtout pas de contribuer aux charges du mariage: si un emprunt immobilier est en cours, continuez de participer à son règlement. Si votre conjoint n’a pas les capacités financières d’assumer les charges courantes du logement, ne résilier pas tous les abonnements, et continuez à honorer le paiement des factures et/ou du loyer.

Cet ensemble de précautions devraient permettre d’éviter que l’on vous reproche un abandon du domicile conjugal.

Si vous êtes concubins ou PACSés, vous pourrez partir sans « autorisation préalable », mais veillez à le faire de manière respectueuse et organisée. La jurisprudence sanctionne de plus en plus les « ruptures brutales » entre concubins.

Votre situation ne sera pas la même en cas d’achat d’un bien, de location aux deux noms ou un seul. Consultez le cabinet pour plus d’informations.

Quels documents conserver ?

Veillez toujours à mettre en lieu sûr ou à conserver une copie de vos documents administratifs: avis d’imposition, bulletins de paie, attestations CAF, relevés bancaires, contrats d’emprunts et échéanciers…

Comment préparer son premier rendez-vous ?

Le client est habituellement reçu au cabinet, mais des entretiens téléphoniques peuvent être organisés. Le premier rendez-vous est l’occasion pour vous d’exposer votre situation en détail. Le plus simple est souvent de fournir un récit chronologique des évènements. Vous pourrez être guidé dans vos explications par d’éventuelles questions.

Ces éléments vont permettre de qualifier juridiquement votre situation, et de vous présenter les diverses solutions existantes.  Afin de pouvoir vous conseiller au mieux, il pourra vous être demandé de vous présenter munis d’un certains nombre de pièces en copie:

  • pièce d’identité
  • livret de famille
  • dernier avis d’imposition
  • 3 derniers bulletins de paie
  • votre bulletin de paie de décembre de l’année précédente
  • liste de vos charges courantes
  • liste des charges relatives à vos enfants
  • échéanciers d’emprunts
  • etc.

A l’issue de cet entretien, un compte-rendu est habituellement adressé au client par courriel. Il est également possible de prévoir l’envoi d’une missive à la partie adverse ou à son conseil. Si une procédure doit être engagée, les honoraires seront estimés à l’issue de cet entretien.

La prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par courriel. Dans ce dernier cas, merci de préciser vos disponibilités afin que des propositions d’entretien puissent vous être adressées en retour.

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