Pour cette 3ème publication, nous allons aborder les études à suivre pour devenir avocat.
Au vu des nombreuses sollicitations que nous recevons chaque semaine de collégiens ou lycéens souhaitant connaître la profession et effectuer un stage au sein du cabinet, j’ai eu à cœur de leur présenter notre profession dans un précédent article.
Il s’agira ici d’aborder les études à suivre pour devenir Avocat.
Le parcours classique veut que l’on s’inscrive en Faculté de Droit (Sciences Juridiques) et que l’on soit titulaire au minimum d’un Master I, la plupart des avocats ayant quasiment tous un Master II.
Dès le lycée
Au préalable, il va falloir s’atteler au choix cornélien des spécialités en classes de 1ère et Terminale. Le site letudiant.fr propose un outil de simulation pour déterminer le classement des spécialités recevant le plus de réponses favorables lors d’une demande d’inscription en Faculté de Droit (Sciences Juridiques).
Je vous laisse observer le tableau de synthèse ci-dessous.
Le Top 3 est remporté par la spécialité Histoire-Géographie, géopolitique et sciences politiques, qu’on la couple avec Humanité, Littérature et Philosophie (80%), Sciences Economiques et Sociales (79%) ou une Langue et littérature étrangère (78%).
La spécialité S.E.S. arrive en deuxième position (70%). En revanche, contrairement à ce que la réforme du Bac aurait pu laisser croire, les profils scientifiques arrivent tout juste derrière (entre 64 et 67%).
Études Supérieures
Une fois inscrits en Master I ou II, vous pourrez fréquenter en parallèle l’I.E.J. (Institut d’Etudes Judiciaires) de votre Université. Vous pourrez aussi choisir de terminer votre Master, et consacrer une année entière à l’I.E.J. C’est auprès de cet institut que vous serez préparés à l’examen d’entrée à l’école des Avocats. Officiellement, il n’existe toujours pas de numerus clausus pour y accéder, néanmoins le taux de réussite reste tellement bas chaque année, qu’une sélection s’opère de fait.
Je ne peux que vous conseiller de vous inscrire dans une prépa parallèlement à l’I.E.J. (tout au long de l’année ou l’été précédent l’examen) pour favoriser vos chances de succès. L’examen d’entrée à l’école des Avocats ne peut être présenté que trois fois dans une vie. On voit encore beaucoup trop d’étudiants tenter leur chance à la sortie de leur Master, se disant que ce sera l’occasion de « voir » comment se déroule cet examen. Ils gâchent ainsi inutilement une opportunité. Il ne s’agit pas du type d’épreuves que l’on pourrait « réussir sur un malentendu ». Il y a un savoir à acquérir, une méthodologie à assimiler, mais surtout une philosophie de cette profession à appréhender. Tout cela se prépare sérieusement.
École des Avocats
Une fois votre examen réussi, vous serez admis dans l’une des onze Écoles des Avocats. Votre formation durera 18 mois, et se décomposera de la manière suivante (lien vers CNB) :
- 6 mois de formation à l’école: le programme est entièrement tourné vers la pratique de la profession d’avocat et fait l’objet d’un contrôle continu.
- 6 mois de stage en cabinet d’avocats: le stage en cabinet d’avocats peut être effectué dans un des 164 barreaux de France, ou dans un barreau d’un autre Etat européen, peu importe le ressort de l’école;
- 6 mois de Projet Pédagogique Individuel: le PPI, proposé par l’élève et agréé par l’école, consiste en un stage professionnel dans tout milieu en cohérence avec le projet de l’élève, hors cabinet d’avocats d’un barreau français (Ex. : entreprises, organisations professionnelles, juridictions, etc.) et peu importe le ressort de l’école, même à l’étranger. Il peut aussi s’agir du suivi d’une formation relevant de l’enseignement supérieur.
Un examen final sanctionnera votre formation et vous permettra d’obtenir votre C.A.P.A. (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat).
Vous pourrez alors prêter serment : «Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité »
Premiers pas dans la profession
Vous avez la possibilité dès votre prestation de serment de vous installer et de poser votre plaque. Je me permets de vous déconseiller cette option, car on a beau frôler les 25 ans et avoir derrière soi pratiquement 7 ans d’études supérieures, on ne sait rien. Ça peut être difficile à admettre, mais lorsque l’on commence à exercer, tout reste à apprendre.
L’autre solution consiste donc à trouver un contrat de collaboration dans un cabinet d’avocats existant. Prenez le temps de vous renseigner sur la réputation des cabinets que vous allez démarcher. Il est important que vous puissiez rejoindre une équipe dont les valeurs sont en accord avec les vôtres.
La collaboration libérale fonctionne de la manière suivante : pour un honoraire forfaitaire qui vous sera payé chaque mois, vous allez traiter les dossiers du cabinet. Parallèlement, ce cabinet va mettre à votre disposition ses locaux pour que vous puissiez développer votre clientèle personnelle. Cette clientèle personnelle est le gage de votre liberté. Admettons que la relation avec le cabinet se passe très bien, et qu’une association vous soit proposée : au lieu de simplement racheter des parts sociales du cabinet, vous pourrez proposer pour partie du paiement votre propre clientèle – elle a une valeur financière. Imaginons à l’inverse que la relation de collaboration se passe mal : grâce à votre clientèle personnelle, vous allez pouvoir quitter ce cabinet, et renoncer aux honoraires que l’on vous versait tous les mois, car vous disposez suffisamment de ressources (et de savoir-faire) pour pouvoir désormais vous installer à votre compte.
Dans profession libérale, il faut entendre liberté. La liberté se crée, s’entretient et se protège. Lorsque vous trouverez votre première collaboration, n’oubliez jamais cela : vous embrasser une profession libérale pour rester libre. Veillez à cela, et vous ferez honneur à votre robe.


