La parenthèse du bavard #3 – Quelles études pour devenir avocat ?

16/02/2023

Pour cette 3ème publication, nous allons aborder les études à suivre pour devenir avocat. 

Au vu des nombreuses sollicitations que nous recevons chaque semaine de collégiens ou lycéens souhaitant connaître la profession et effectuer un stage au sein du cabinet, j’ai eu à cœur de leur présenter notre profession dans un précédent article. 

Il s’agira ici d’aborder les études à suivre pour devenir Avocat. 

Le parcours classique veut que l’on s’inscrive en Faculté de Droit (Sciences Juridiques) et que l’on soit titulaire au minimum d’un Master I, la plupart des avocats ayant quasiment tous un Master II. 

Dès le lycée

Au préalable, il va falloir s’atteler au choix cornélien des spécialités en classes de 1ère et Terminale. Le site letudiant.fr propose un outil de simulation pour déterminer le classement des spécialités recevant le plus de réponses favorables lors d’une demande d’inscription en Faculté de Droit (Sciences Juridiques). 

Je vous laisse observer le tableau de synthèse ci-dessous. 

Le Top 3 est remporté par la spécialité Histoire-Géographie, géopolitique et sciences politiques, qu’on la couple avec Humanité, Littérature et Philosophie (80%), Sciences Economiques et Sociales (79%) ou une Langue et littérature étrangère (78%).

La spécialité S.E.S. arrive en deuxième position (70%). En revanche, contrairement à ce que la réforme du Bac aurait pu laisser croire, les profils scientifiques arrivent tout juste derrière (entre 64 et 67%). 

Études Supérieures

Une fois inscrits en Master I ou II, vous pourrez fréquenter en parallèle l’I.E.J. (Institut d’Etudes Judiciaires) de votre Université. Vous pourrez aussi choisir de terminer votre Master, et consacrer une année entière à l’I.E.J. C’est auprès de cet institut que vous serez préparés à l’examen d’entrée à l’école des Avocats. Officiellement, il n’existe toujours pas de numerus clausus pour y accéder, néanmoins le taux de réussite reste tellement bas chaque année, qu’une sélection s’opère de fait. 

Je ne peux que vous conseiller de vous inscrire dans une prépa parallèlement à l’I.E.J. (tout au long de l’année ou l’été précédent l’examen) pour favoriser vos chances de succès. L’examen d’entrée à l’école des Avocats ne peut être présenté que trois fois dans une vie. On voit encore beaucoup trop d’étudiants tenter leur chance à la sortie de leur Master, se disant que ce sera l’occasion de « voir » comment se déroule cet examen. Ils gâchent ainsi inutilement une opportunité. Il ne s’agit pas du type d’épreuves que l’on pourrait « réussir sur un malentendu ». Il y a un savoir à acquérir, une méthodologie à assimiler, mais surtout une philosophie de cette profession à appréhender. Tout cela se prépare sérieusement. 

École des Avocats

Une fois votre examen réussi, vous serez admis dans l’une des onze Écoles des Avocats. Votre formation durera 18 mois, et se décomposera de la manière suivante (lien vers CNB) : 

  • 6 mois de formation à l’école: le programme est entièrement tourné vers la pratique de la profession d’avocat et fait l’objet d’un contrôle continu.
  • 6 mois de stage en cabinet d’avocats: le stage en cabinet d’avocats peut être effectué dans un des 164 barreaux de France, ou dans un barreau d’un autre Etat européen, peu importe le ressort de l’école;
  • 6 mois de Projet Pédagogique Individuel: le PPI, proposé par l’élève et agréé par l’école, consiste en un stage professionnel dans tout milieu en cohérence avec le projet de l’élève, hors cabinet d’avocats d’un barreau français (Ex. : entreprises, organisations professionnelles, juridictions, etc.) et peu importe le ressort de l’école, même à l’étranger. Il peut aussi s’agir du suivi d’une formation relevant de l’enseignement supérieur.

Un examen final sanctionnera votre formation et vous permettra d’obtenir votre C.A.P.A. (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat).

Vous pourrez alors prêter serment : «Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité » 

Premiers pas dans la profession

Vous avez la possibilité dès votre prestation de serment de vous installer et de poser votre plaque. Je me permets de vous déconseiller cette option, car on a beau frôler les 25 ans et avoir derrière soi pratiquement 7 ans d’études supérieures, on ne sait rien. Ça peut être difficile à admettre, mais lorsque l’on commence à exercer, tout reste à apprendre. 

L’autre solution consiste donc à trouver un contrat de collaboration dans un cabinet d’avocats existant. Prenez le temps de vous renseigner sur la réputation des cabinets que vous allez démarcher. Il est important que vous puissiez rejoindre une équipe dont les valeurs sont en accord avec les vôtres.

La collaboration libérale fonctionne de la manière suivante : pour un honoraire forfaitaire qui vous sera payé chaque mois, vous allez traiter les dossiers du cabinet. Parallèlement, ce cabinet va mettre à votre disposition ses locaux pour que vous puissiez développer votre clientèle personnelle. Cette clientèle personnelle est le gage de votre liberté. Admettons que la relation avec le cabinet se passe très bien, et qu’une association vous soit proposée : au lieu de simplement racheter des parts sociales du cabinet, vous pourrez proposer pour partie du paiement votre propre clientèle – elle a une valeur financière. Imaginons à l’inverse que la relation de collaboration se passe mal : grâce à votre clientèle personnelle, vous allez pouvoir quitter ce cabinet, et renoncer aux honoraires que l’on vous versait tous les mois, car vous disposez suffisamment de ressources (et de savoir-faire) pour pouvoir désormais vous installer à votre compte. 

Dans profession libérale, il faut entendre liberté. La liberté se crée, s’entretient et se protège. Lorsque vous trouverez votre première collaboration, n’oubliez jamais cela : vous embrasser une profession libérale pour rester libre. Veillez à cela, et vous ferez honneur à votre robe. 

 

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Foire aux questions

Lors que vous êtes confrontés à une difficulté, ayez le réflexe de consulter votre Avocat. Un bref échange pourra vous permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions ou des initiatives qui pourraient vous être préjudiciables.

Dans cette attente, voici quelques conseils.

 

Comment organiser la garde des enfants ?

La fin de la relation amoureuse ne met pas un terme à la relation parentale. Il convient donc  d’essayer de s’entendre sur l’organisation de la place de chacun des parents auprès des enfants: résidence, contribution alimentaire, charge des trajets, etc.

Attention cependant à ne pas accepter une situation qui nous vous conviendrait pas. Contrairement à ce que vous pourriez croire, une fois certaines pratiques mises en place, il sera difficile de les faire modifier par un Juge. En effet, pour prendre sa décision, le magistrat fera toujours primer « l’intérêt de l’enfant »: cet enfant ayant déjà été marqué par la séparation de ses parents, le Juge va essayer de minimiser les changements à son encontre. Aussi, il aura tendance à confirmer par jugement la pratique en cours.

Essayer donc – dès votre séparation – de mettre en place un mode d’organisation au plus proche de ce que vous souhaiteriez sur du long terme. Mon Cabinet est bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche.

Quelles démarches quand on quitte le domicile conjugal ?

Les conditions du départ du domicile familial ne seront pas les mêmes si couple est marié ou non.

Dans l’hypothèse du mariage, seul un Juge est censé pouvoir vous autoriser à résider séparément. Cependant, la situation devient parfois conflictuelle, et il peut être opportun d’anticiper ce départ. Trois précautions à prendre:

1°/ si votre époux(se) y consent, signez conjointement un document par lequel vous manifesterez votre volonté respective de vivre séparément dans l’attente d’une première décision de justice.

2°/ déposez une main-courante auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche pour signaler votre départ du domicile conjugal en raison d’une procédure de divorce en cours. Réclamez et gardez copie de ce document.

3°/ ne cessez surtout pas de contribuer aux charges du mariage: si un emprunt immobilier est en cours, continuez de participer à son règlement. Si votre conjoint n’a pas les capacités financières d’assumer les charges courantes du logement, ne résilier pas tous les abonnements, et continuez à honorer le paiement des factures et/ou du loyer.

Cet ensemble de précautions devraient permettre d’éviter que l’on vous reproche un abandon du domicile conjugal.

Si vous êtes concubins ou PACSés, vous pourrez partir sans « autorisation préalable », mais veillez à le faire de manière respectueuse et organisée. La jurisprudence sanctionne de plus en plus les « ruptures brutales » entre concubins.

Votre situation ne sera pas la même en cas d’achat d’un bien, de location aux deux noms ou un seul. Consultez le cabinet pour plus d’informations.

Quels documents conserver ?

Veillez toujours à mettre en lieu sûr ou à conserver une copie de vos documents administratifs: avis d’imposition, bulletins de paie, attestations CAF, relevés bancaires, contrats d’emprunts et échéanciers…

Comment préparer son premier rendez-vous ?

Le client est habituellement reçu au cabinet, mais des entretiens téléphoniques peuvent être organisés. Le premier rendez-vous est l’occasion pour vous d’exposer votre situation en détail. Le plus simple est souvent de fournir un récit chronologique des évènements. Vous pourrez être guidé dans vos explications par d’éventuelles questions.

Ces éléments vont permettre de qualifier juridiquement votre situation, et de vous présenter les diverses solutions existantes.  Afin de pouvoir vous conseiller au mieux, il pourra vous être demandé de vous présenter munis d’un certains nombre de pièces en copie:

  • pièce d’identité
  • livret de famille
  • dernier avis d’imposition
  • 3 derniers bulletins de paie
  • votre bulletin de paie de décembre de l’année précédente
  • liste de vos charges courantes
  • liste des charges relatives à vos enfants
  • échéanciers d’emprunts
  • etc.

A l’issue de cet entretien, un compte-rendu est habituellement adressé au client par courriel. Il est également possible de prévoir l’envoi d’une missive à la partie adverse ou à son conseil. Si une procédure doit être engagée, les honoraires seront estimés à l’issue de cet entretien.

La prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par courriel. Dans ce dernier cas, merci de préciser vos disponibilités afin que des propositions d’entretien puissent vous être adressées en retour.

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Chaque semaine, nous sommes sollicités pour accueillir des collégiens ou lycéens en stage au sein du cabinet. Lors de Forum des Métiers auxquels je participe, le stand « Avocats » est toujours pris d’assaut. La profession fascine, interroge, mais vous savez rarement ce qu’est la réalité de notre métier ni les études à poursuivre pour devenir avocat. 

Je vous propose de découvrir notre profession dans cet article, puis les études supérieures à suivre lors d’une prochaine parution.

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